Démarche écrite par Isabelle de Maison Rouge, curatrice et commissaire d’expositions, a écrit un texte de présentation de ma série “Portraits d’identité” présentée au salon Ddessin Paris en 2018.

Popy-Loly de Monteysson

Identité

Au-delà du portrait et de la représentation de visages, Popy Loly de Monteysson s’intègre parmi les artistes pour qui l’art de l’intime n’est pas seulement interprétation ou transposition de soi ou de l’autre, il est aussi tourné plus largement vers l’espace privé, l’intériorité mais aussi le voyage intérieur.

Ses dessins aux stylo bille ne relèvent pas uniquement de l’art du portait, mais ouvrent plus largement sur une interrogation sur l’être et l’humanité. Le « moi » physique et psychologique du modèle se révèle, comme le ferait un polaroïd dont l’image s’obscurcit dans la durée avant de se fixer dans la netteté.

Popy Loly de Monteysson utilise un mode subjectif qui perpétue une mémoire et projette dans l’avenir. Oscillant entre l’anonymat et le familier, il en résulte des œuvres-récits qui ne sont ni expliquées, ni développées. La biographie reste fragmentaire, volontairement inachevée car en devenir, et donc interroge notre perception du monde.

Stylo Bic

La ligne du contour est cosa mentale, issue d’abord de l’esprit. Le geste suit, et le trait devient mouvement à la fois mental et physique, en l’occurrence ici hachure. La ligne dessinée poursuit les méandres de la pensée et le cours de la vie.

Il est donc logique que la pratique de Popy Loly de Monteysson se concentre sur le dessin réalisé au stylo bille. Cet objet a permit à l’artiste de griffonner des dessins dans ses cahiers d’écolier en rêvant à autre chose que ce que lui inculquaient ses professeurs, en suivant ses divagations ou pulsions créatives. Il est le compagnon de route de tout sa vie, elle qui fut longtemps nomade.

La sensualité sèche de son encre s’imprime sur autant de ses carnets intimes. Popy Loly de Monteysson dessine comme elle respire. Elle apprécie la qualité, la précision et la facilité d’usage du stylo bille. Il permet une approche spontanée et directe sous la forme du carnet de bord illustré, comme un journal intime. Aucun autre medium ne lui permet de mettre autant l’accent entre les volumes et les formes, le fond et la lumière.

Une couleur

Découlant de ce compagnonnage avec le fameux Bic, Popy Loly de Monteysson privilégie la couleur bleue. C’est aussi le bleu spécifique de cet outil devenu son médium qui va l’inspirer. S’il n’est pas évident d’en connaître la nuance exacte, pas tout à fait outremer, saphir, ou égyptien, proche en tout cas de l’IKB célèbre bleu d’Yves Klein, il évoque le ciel et la mer et donc l’infini.

Il fait référence aux notions de voyage, de découvertes, d’horizons lointains. Le bleu est également la couleur du rêve, de l’imaginaire, d’une certaine mélancolie et offre un degré supplémentaire de spiritualité, il reflète la lumière plus qu’il ne l’absorbe et est en outre il est évocation de paix, de calme, de sérénité, et même de sagesse et de vérité.

Si Popy-Loly de Monteysson reprend par le dessin des clichés parfois anonymes et mystérieux qui nous évoquent la frontière entre la réalité ou la fiction, c’est sans nul doute le bleu et ses nuances qui lui ouvre ces horizons.

Démarche écrite par l’historienne de l’art Isabelle de Maison Rouge